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09/02/2011

COTE D'IVOIRE: Bilan des violations des Droits de l'Homme.

COTE D’IVOIRE : Conférence de Presse relative aux violations des droits de l’homme et exactions de Laurent Gbagbo contre les militants et sympathisants d’Alassane Dramane OUATTARA:

495 morts, 100 personnes disparues, 51 détenues, 1.124 Blessés et 30.000 Réfugiés (à la date du 09 février 2011).

Depuis l’instauration du Couvre- feu par le candidat-Président Laurent GBAGBO, le samedi 27 novembre 2010 et la forfaiture du Conseil Constitutionnel dirigé par YAO Ndré qui a rendu une décision inique le 3 décembre 2010 permettant à son ami Laurent GBAGBO de confisquer le Pouvoir, des manifestations de protestations ont éclaté partout sur le territoire national.
Ces manifestations s’amplifient de jour en jour dans le District d’Abidjan et le reste du Pays. Les dites manifestations violemment réprimées dans le sang ainsi que les exactions extrajudiciaires, assassinats sous couvre-feu ont entrainé de nombreux décès, blessés, arrestations et disparus dans plusieurs villes et villages.

LES CONSTATS :

1- LES BLESSES

Il a été noté un total de 1124 blessés sur la période dont 199 graves, 23 actuellement hospitalisés.

2- LES DECES
Au cours de cette période, il a été malheureusement enregistré au moins 495 personnes assassinées.

Six (6) charniers ont été identifiés dans la forêt du Banco(60), N’dotré(60), Akéikoi(80), Morgue d’Anyama(40), Biabou(40), Issia(40).

Les corps identifiés se repartissent comme suit :

2-1- District d’Abidjan (117)

- ABOBO 49
- YOPOUGON 20
- KOUMASSI 10
- ATTECOUBE 09
- TREICHVILLE 07
- COCODY 07
- ADJAME 05
- PORT BOUET 04
- BINGERVILLE 03
- MARCORY 02
- ANYAMA 01
2-2- Banlieue d’Abidjan (04)
- DABOU 02
- GRAND- BASSAM 02

2-3- Intérieur du Pays (50)

- ISSIA 08
- SINFRA 08
- DUEKOUE 05
- DALOA 04
- DIVO 04
- AGNIBILEKRO 03
- GAGNOA 03
- YAMOUSSOKRO 03
- LAKOTA 02
- DIEGONEFLA 02
- ABENGOUROU 01
- BLOLEQUIN 01
- BONDOUKOU 01
- GUIGLO 01
- NDOUCI 01
- OUME 01
- TIEBISSOU 01
- ZUENOULA 01

2-4- Structures administratives (04)

- PREFECTURE DE POLICE 01
- MACA 01
- CHU YOPOUGON 01
- PISAM 01

Le District d’Abidjan représente 66,85% des exactions soit près du 2/3 des tueries.
La Commune d’Abobo paye un tribut particulier à notre lutte avec près 28% des personnes assassinées et identifiées sur le plan national et près de la moitié (41,88%) des exactions commises dans le District d’ Abidjan. Ces statistiques seront encore plus poignantes pour Abobo quand tous les charniers vont livrer leur secret.

3- LES ARRESTATIONS
Il a été noté un total de 825 militants arrêtés sur la période dont 51 encore détenus et 01 personne condamnée à 20 ans d’emprisonnement.

4- LES DISPARUS ET VIOLS
On note au moins 100 cas de disparitions et de nombreux cas de viol.

Ainsi, le point à ce jour s’établit comme suit 1124 blessés dont 199graves 23 actuellement hospitalisés, 495 décès, 51 détenues et plus de 100 disparus.
Le HCR a dénombré sur la période 30 000 réfugiés au Libéria.
Fait à Abidjan le 9 février 2011
La Cellule Médico-sociale du RHDP.


COTE D'IVOIRE: Lettre Ouverte à Madame Simone GBAGBO, Le Pouvoir est pour vous un aphrodisiaque.

COTE D’IVOIRE : Lettre Ouverte à Madame Simone GBAGBO, Le Pouvoir Suprême est pour vous un aphrodisiaque.
Certaines femmes, c'est connu, aiment particulièrement les hommes de pouvoir. Plus que le physique de l'homme, elles aiment en lui le pouvoir qui lui est conféré. C'est le cas chez Faria Alam, ex-maîtresse de Sven-Göran Eriksson, du temps où il était « manager » de l'équipe de football d'Angleterre. C'est visiblement le cas aussi chez Simone Éhivet Gbagbo, ex-première dame de Côte d'Ivoire.
La prise du pouvoir le 25 octobre 2000 :
Pour s'en convaincre, il suffit de rembobiner le film de la prise du pouvoir par Laurent Gbagbo le 25 octobre 2000. La veille, le général Guéï venait de prêter serment en qualité de ''premier Président de la Deuxième République'' sous le
regard de l'auguste Tia Koné, président de la Cour Suprême de Côte d'Ivoire. Ce 24 octobre donc, de sa cachette, Laurent Gbagbo appela le peuple ''à descendre dans la rue, jusqu'à ce que le général Guéï recule''. La suite, on la connaît :
les jeunes descendirent dans les rues ; la gendarmerie d'Agban rejoignit le camp Gbagbo pour attaquer le palais présidentiel du Plateau où le général et ses gardes - conduits par feu Boka Yapi - s'étaient terrés.
Après 24 h d'affrontements à l'arme lourde, les hommes de Guéï, à court de munitions et sans aucune possibilité de se ravitailler, déposèrent les armes. Le général s'enfuit par hélicoptère et, dans les heures qui suivirent, Gbagbo prêta serment à son tour en qualité de ''premier Président de la Deuxième République'' sous le regard toujours aussi auguste de Tia Koné. La Côte d'Ivoire venait d'avoir deux présidents ayant prêté serment successivement les 24 et 25 octobre 2000.
Cette prise du pouvoir par les armes, avec les gendarmes en première ligne contre l'armée de terre, n'était-elle pas déjà un coup d'État ? Mais Laurent et Simone Gbagbo n'en avaient cure. Simone, rayonnante de joie et résistant à un évanouissement dû à l'intensité du bonheur, ne put s'empêcher d'écraser une larme au moment où Laurent prêtait serment en qualité de Président de la République !
Elle n'a jamais été aussi féminine que ce soir du 25 octobre 2000, lorsqu'elle embrassa son très cher époux de Président, pour le féliciter d'avoir enfin réalisé leur vieux rêve commun.
La confiscation du pouvoir le 2 décembre 2010 :
Fast-forward, 2 décembre 2010 au soir et bis repetita. Le Conseil Constitutionnel de Yao N'dré venait juste de prendre une décision carrément scélérate et surréaliste - encore une autre décision de justice douteuse ! - inversant les résultats de l'élection présidentielle au profit du camarade Laurent.
Et il n'y était pas allé de main morte : il a fallu, pour créditer le camarade socialiste de quelque 51,45% des suffrages exprimés, invalider le scrutin dans pas moins de 13 départements du nord et du centre largement
favorables au candidat du RHDP, privant ainsi ce dernier de 550.000 voix.
Néanmoins, des courtisans furent suffisamment émerveillés par ce triomphe à la Pyrrhus. Ils se précipitèrent à la résidence du Président réélu pour le féliciter de sa brillante réélection à la tête de l'État. Mais le triomphateur d'Alassane Ouattara n'avait ni la tête ni l'enthousiasme d'un homme qui venait d'être brillamment réélu à la tête de son pays, d'où la tiédeur de son sourire et la timidité de ses embrassades.
C'était plutôt le rôle de Simone de rayonner, de pétiller d'extase et d'inviter es courtisans qui avaient la mine de la défaite en ce termes :''Soyez en joie.
Cette victoire, c'est le Seigneur qui nous l'a donnée. Soyez en joie car Dieu est au contrôle !''. Et d'étaler ses dents blanches dont Tiburce Koffi a déjà si bien commenté la blancheur.
Du coup d'État militaire qui porta Laurent Gbagbo au pouvoir en octobre 2000 au coup d'État constitutionnel qui l'y maintint en décembre 2010, il n'y a que les
moyens qui aient changé :
Les chars de la gendarmerie d'Agban ont été remplacés par la plume du pistolero du droit, Yao N'dré. Mais nonobstant le changement des moyens, Gbagbo obtient le même résultat : conquérir ou se maintenir au pouvoir par coup d'État ! Ce changement de moyens s'explique par ceci : en 2000, il n'avait pas les hommes de loi dans sa poche. Il n'y avait que les armes qui pouvaient le mener au palais. Ayant lui-même essuyé plusieurs tentatives de coups d'État pendant ses 10 ans de règne chaotique, et les ayant toujours pourfendues en clamant sa préférence pour la prise du pouvoir par les urnes, il n'avait plus besoin de confisquer le pouvoir par les armes d'autant
plus qu'il était déjà au palais. Cependant, il prit soin de convoquer tous les généraux étoilés - Mangou Philippe et ses 4 étoiles ; Tiapé Kassaraté et ses 4 étoiles ; Guaï Bi Poin et ses 3 étoiles, Brindou Mbia et ses 2 étoiles, Dogbo Blé et ses 2 étoiles, etc. - en sa résidence officielle pour qu'ils lui fissent
allégeance avant toute chose.
Certes, le pseudo démocrate n'en était point ! Ayant perdu les élections dansles urnes, on aurait pensé qu'il se plierait au verdict implacable du peuple souverain qui lui a retiré sa confiance. Mais que nenni.
Il actionna simplement son Conseil Constitutionnel pour lui octroyer dans un bureau obscur ce que le peuple lui avait refusé de façon diurne le dimanche 28 novembre.
Blanche Neige à la noce le 3 décembre 2010 :
Et rebelote ! On remet le couvert et on reprend tout. Gbagbo et Simone se retrouvent à nouveau au palais présidentiel le 3 décembre 2010 pour exécuter le rite initiatique de la prestation de serment. Et Simone, telle Blanche Neige, toute de blanc vêtue, les dents toujours aussi blanches et le teint toujours
aussi noir - contraste saisissant, n'est-ce pas ? -, est à la noce. Elle rabroue presque son époux si présidentiel qui ne voulait pas l'embrasser à pleine bouche, devant tout ce parterre de dignitaires et de courtisans, et surtout pour que Nady Bamba, assise quelque part devant son poste téléviseur, puisse encaisser le coup. Bigre ! Et Laurent qui l'embrasse avec ses dents refaites au Maroc dont la blancheur est plus que douteuse. Qu'importe! Simone est aux anges quand elle se tient devant son Laurent en costume bleu marine,
bariolé d'une énorme écharpe rouge et portant le grand collier qui en fait notre Grand Croix pour les cinq prochaines années, si ce n'est plutôt en mois qu'il faut compter la survie de son règne.
Simone n'aime cependant que l'homme de pouvoir, Laurent Gbagbo, la figure présidentielle. Elle se délecte de son rôle de Première Dame, au point d'en faire une institution de l'État, avec ses bureaux, ses conseillers, aide de camp et tout le reste, payés par le contribuable ivoirien.
Qu'importe donc si Laurent, qui aime si bien la gent féminine de son propre aveu, s'amourache de la belle et plutôt claire Nady Bamba, la Grande Dame (G.D.), au point de l'épouser coutumièrement en 2001. Simone avalera ses couleuvres, boira son calice jusqu'à la lie, elle, la chrétienne évangéliste, accepter de vivre dans un foyer polygame et cohabiter avec une rivale musulmane et nordiste âgée alors seulement de 26 ans. Elle ne demandera jamais le divorce, tant que Laurent sera au palais et qu'on l'appellera officiellement la Première Dame (P.D.), même si, au jeu des initiales comme au concours de miss, la G.D. l'emporterait sans doute sur la P.D. Oups !
Quelqu'un écrivait dans Jeune Afrique récemment qu'elle était l'homme fort du régime Gbagbo ! Oui, le pouvoir a un goût d'aphrodisiaque chez certaines femmes.
Auteur : Docteur Famahan SAMAKE




08/02/2011

COTE D'IVOIRE: Un Prêtre crache le feu de la Vérité à Laurent GBAGBO

COTE D’IVOIRE : Un Prêtre crache le feu de la Vérité à Laurent GBAGBO…
Dans un précédent article daté du mardi 4 janvier dernier, je livrais les réflexions particulières que m'inspirait l'attitude de M. Gbagbo, notamment son refus de reconnaître sa défaite à l'élection présidentielle transparente et démocratique du 28 novembre 2010, et de céder le pouvoir, M. Gbagbo que j'interpellais en sa double qualité de fervent Chrétien et de démocrate.
Dans la présente contribution, c'est surtout à l'historien que je voudrais respectueusement m'adresser.
Mais tout d'abord, à tous ceux qui voudraient fixer à l'Eglise des limites bien définies qu'elle ne devrait pas dépasser face aux problèmes qui minent la société ivoirienne, en général, et en particulier , face à l'inextricable imbroglio créé par le Conseil Constitutionnel qui, contre toute attente, a annoncé l'invalidation des résultats de la CEI (Commission Electorale Indépendante), et proclamé la victoire de Laurent Gbagbo ; à tous ceux qui pousseraient des hauts cris d'indignation du genre : " encore lui !", " de quoi se mêle-t-il, ce prêtre ? ", " qu'il reste à sa place . !", je voudrais rappeler cette parole des Pharisiens pourtant réputés farouches adversaires de Jésus :

" Nous savons que tu parles et enseignes avec droiture et que tu ne tiens pas compte des personnes, mais que tu enseignes en toute vérité la voie de DIEU " (Luc 20,21)
La vérité, tel est le but de mon intervention, la vérité qui est invincible et que l'Eglise transmet depuis plus de 2000 ans aux générations successives, sa mission historique étant de la proclamer, à temps et à contretemps.
Fidèle à cet idéal, j'estime que je n'ai pas le droit de me laver les mains comme Ponce Pilate et de passer la vérité sous silence, car elle vient de Dieu et " nous rend libres " (Jean 8,31-36). Oui, je n'ai pas le droit de me taire devant le coup de force que M. Gbagbo veut imposer au peuple souverain de Côte d'Ivoire qui l'a sanctionné à l'issue de l'élection présidentielle du 28 novembre 2010.
En effet, l'on s'attendait à ce que la Côte d'Ivoire, jadis Havre de paix, terre de stabilité, d'hospitalité et de sagesse à l'image de son Fondateur, Félix Houphouët Boigny, " le Sage de l'Afrique ", saisît l'occasion de cette élection présidentielle moult fois reportée, pour repartir sur de bons pieds, pour redevenir le phare incontestable de la sous-région Ouest africaine, et se placer , définitivement, sur les rails d'une authentique démocratie.
L'on s'attendait à ce que M. Gbagbo tînt sa promesse, celle faite Urbi et Orbi de respecter le verdict des urnes, attitude ô combien élégante politiquement et moralement, qui malgré sa défaite, eût pu lui permettre de sortir honorablement et d'entrer dans l'Histoire, s'il avait immédiatement et clairement reconnu la victoire de M. Ouattara, et appelé ses partisans à faire de même.
Et depuis plus de deux mois, la descente aux enfers entamée depuis le coup d'Etat moyenâgeux du 24 décembre 1999, s'accentue. La Côte d'Ivoire se déchire en lambeaux, refusant d'avancer sur la voie du progrès, son développement étant gravement entravé, par la faute de M. Gbagbo qui s'accroche piteusement au pouvoir comme un naufragé à une bouée de sauvetage, grâce au soutien indéfectible de l'armée, une armée qu'il a corrompue et engraissée, qui compte dans son sein des milliers d'hommes qu'il a recrutés depuis 2002, et qui lui sont redevables !
Depuis lors, la vie dans notre pays est rythmée par l'Etat d'urgence, les couvre-feux interminables, les barrages filtrants établis par les FDS (Forces de Défense et de Sécurité) restées loyales à M. Gbagbo aux alentours de l'Hôtel du Golf, imposant de facto un blocus abject au Vainqueur de cette élection, lesquelles forces font régner la terreur sur les populations qui vivent déjà dans des conditions extrêmement précaires, en particulier dans les quartiers réputés favorables à M. Ouattara !
Depuis lors, M. Gbagbo défie la Communauté Internationale, tourne en dérision l'ONU et ses responsables traités d'incompétents par ses partisans, fait découvrir à ses Pairs Africains de l'UA (Union Africaine) et de la CEDEAO, dépêchés auprès de lui comme médiateurs dans la crise inédite qui secoue la Côte d'Ivoire devenue, dans l'intervalle, une espèce de monstre à deux têtes, une autre facette de son grand talent de boulanger !
Pire, M. Gbagbo visité en songe par je ne sais quel esprit céleste, se convainc, et avec lui son clan, ses courtisans et la foule de ses laudateurs désouvrés, que le pouvoir, au soir du deuxième tour de l'élection présidentielle, lui aurait été offert sur un plateau d'or descendu des cieux par le Dieu Créateur de toutes choses.
Mais comment comprendre que celui qui, hier, se croyait investi de la mission éminente de faire de la Côte d'Ivoire un pays véritablement démocratique s'il accédait un jour au pouvoir d'Etat soit, aujourd'hui, devenu au fil des années, un vrai autocrate qui se bouche les oreilles pour ne point entendre les cris de détresse de son peuple et ses appels croissants à la paix, au progrès, à un mieux-être ?

A la vérité, les longues et âpres années passées dans l'opposition, années marquées du sceau de la galère, ont opéré une formidable métamorphose en M. Gbagbo qui, découvrant la réalité du pouvoir d'Etat et notamment son côté faste, s'est laissé prendre par le vertige d'un pouvoir personnel, émoussant ainsi en lui l'idéal démocratique d'antan.
La boulimie de pouvoir qui s'est emparée de M. Gbagbo depuis qu'il occupe le fauteuil présidentiel, acquis au moyen de contorsions, de revirements et de compromissions dont il a seul le secret, dans des conditions jugées par lui-même de calamiteuses, est à mettre sur le compte du mal pernicieux qui le ronge depuis lors et qui, aujourd'hui, a atteint son paroxysme : le syndrome d'Hérode
Ce mal, c'est l'endurcissement du cour, car plus on en est atteint, moins on le voit, parce qu'il rend aveugle. Le patient se croit alors vertueux et meilleur que les autres, et ne sait pas qu'il est prisonnier de son orgueil et de son égoïsme, lui qui croit détenir la science infuse et se prend pour une sorte de messie dont la mission est de sauver son peuple, le bon peuple qui doit comprendre que, sans lui, c'est le chaos
Comme Hérode, M. Gbagbo qui vit dans la hantise permanente de perdre son pouvoir, n'a aucun scrupule à ordonner l'usage de la force et de la violence, de la manipulation, de l'intoxication et de la propagande, à distiller la haine pour parvenir à ses fins et notamment à éliminer tous ceux qui peuvent lui porter ombrage ou constituer une menace à la conservation de son pouvoir, son objectif inavoué, dès sa prise de fonction en Octobre 2000, étant de se maintenir indéfiniment au pouvoir.
Ainsi, l'on retiendra principalement que, sous le régime FPI (Front Populaire Ivoirien), le sang des Ivoiriens a coulé à flot pendant toute une décennie sans discontinuer, de la manière la plus barbare et la plus cynique, comme aux premières heures de l'humanité, souillant progressivement son palais au point de rendre pestilentiel le fauteuil présidentiel.
Un tel pouvoir aurait-il un caractère divin comme d'aucuns le proclament avec beaucoup de grandiloquence ? En effet, Dieu donne le pouvoir en vue d'une mission éminente de Service ordonnée autour d'un triptyque : le Service de Dieu, de la Patrie et du Prochain. Cette mission a-t-elle connu un début d'accomplissement, d'Octobre 2000 à ce jour ?
En tant que fervent chrétien, M. Gbagbo n'ignore pas que les actes qu'il a posés, dans l'exercice de sa fonction, devaient être aiguillonnés par sa foi chrétienne qui lui imposait l'observance des commandements divins résumés par Jésus notre Seigneur Lui-même, en un seul : celui de l'Amour : " Aimer Dieu de tout son cour, de toute son âme et de tout son esprit ", et " Aimer son prochain comme soi-même " (Matthieu 22 ; 37-39). Mais peut-on raisonnablement aimer Dieu sans aimer ceux et celles qui nous entourent ?
M. Gbagbo n'a-t-il pas oublié, tout au long des dix ans qu'il a passés au pouvoir, que le bien suprême, c'est l'homme, son être, sa dignité, son humanité, l'homme en tant qu'être créé à l'image et à la ressemblance de Dieu ?
La responsabilité première d'un vrai chef est de promouvoir le bien-être de son peuple. Or, M. Gbagbo et son parti, le FPI, ont prouvé qu'ils sont peu soucieux du bonheur du peuple Ivoirien, leur préoccupation majeure étant de sauvegarder leurs intérêts personnels et mesquins aux dépens de l'immense majorité du peuple qui croule sous le poids de la misère et de la faim et dont toutes les velléités d'expression sont sévèrement réprimées par les Forces de Défense et de Sécurité devenues ses bourreaux, alors qu'ils se hâtent de se bâtir des fortunes colossales.

L'armée ivoirienne, justement, n'a-t-elle pas perdu de vue son caractère républicain et apolitique ?
Notre armée a le devoir d'être au service de la Nation toute entière, de toutes les citoyennes et de tous les citoyens, et non au service d'une personne, d'un parti politique ou d'un groupe. Son rôle doit être de maintenir l'ordre, et non pas de réprimer dans le sang ou de mater sauvagement des manifestants aux mains nues, qui revendiquent pacifiquement leurs droits fondamentaux et sur lesquels l'on tire à balles réelles.
Dieu notre Père peut-Il approuver les actes intrinsèquement mauvais qui ont émaillé les dix ans d'exercice de pouvoir sans partage de M. Gbagbo, les milliers de victimes qui en ont résulté, les massacres planifiés et programmés, les charniers, les fosses communes , les exactions et l'apparition subite des escadrons de la mort en Côte d'Ivoire ?
Dieu notre Père peut-Il tolérer les actes hautement impies qui ont consisté à extraire manu militari l'un de ses enfants réfugié à la Cathédrale Saint Paul d'Abidjan, sa demeure et la Maison commune de tous ses enfants, fût-il le Général Guéi, pour être aussitôt froidement abattu, à déverser des déchets toxiques sur certains et à priver d'autres d'eau et d'électricité au cours d'une période aussi cruciale que le saint temps du jeûne musulman?
Dieu peut-Il accepter la pensée unique que l'on veut imposer à ceux de ses enfants qui ne partagent pas les mêmes opinions que les autres et que le Pouvoir FPI divise et taxe d'antirépublicains, d'antipatriotes, d'ennemis de la Côte d'Ivoire, de candidats de l'Etranger, ces enfants qu'Il a créés libres et qui, au nom de cette liberté, peuvent accepter son amour ou le refuser ?
Dieu peut-Il fermer les yeux sur les crimes économiques perpétrés par le FPI de M. Gbagbo, sur les braquages de banques et l'extorsion de fonds à des sociétés, l'augmentation sans cesse croissante et scandaleuse du budget de souveraineté de M. Gbagbo, le détournement des revenus du pétrole à des fins personnelles, depuis qu'il est au pouvoir, alors que le peuple dont il est le Père, est visiblement famélique et affamé ?
Le Seigneur notre Dieu, peut-Il tolérer pendant longtemps encore l'instauration en Côte d'Ivoire de ce nouveau culte idolâtrique, cette espèce de cannibalisme politique qui consiste à arracher de façon violente la vie à certains de ses enfants et à verser abondamment leur sang, chaque jour qu'Il fait ?
La crainte de l'ire divine prochaine, lorsque sonnera l'heure des règlements de comptes, n'aurait-elle pas dû commander qu'on éloignât de soi l'idée même de tels actes ? Un tel agir est-il conforme à la volonté divine ? La Sainte Ecriture nous en donne la réponse : "Il n'est proche de Moi qu'en paroles mais de cour, il est loin de Moi " (Esaie 29 ; 13)
Les Prophètes de l'Ancien Testament ne nous montrent-ils pas Dieu faisant crouler en quelques heures des royaumes qui avaient rempli le monde de terreur et réduit de nombreux peuples en esclavage ? L'exemple d'Hitler ne nous apprend-il pas que la Puissance de Dieu n'est jamais ralentie et que sa justice possède toujours le dernier mot, " Lui qui écrase non seulement les tyrans, mais élève les humbles " (Luc 1 ; 52).
M. Gbagbo, vous avez encore l'occasion de vous rapprocher de Dieu, de revenir à Lui. Gardez-vous du reflexe du roi Hérode qui, après avoir commis tant d'actes ignominieux, perpétré tant de crimes dont la décapitation de Jean le Baptiste, le massacre des Saints Innocents et qui, bourrelé de remords, en proie à un mystérieux delirium tremens, et ne voulant pas affronter seul la mort, ordonna qu'on rassemblât dans l'hippodrome de Jéricho, les chefs des grandes familles juives, afin qu'on les égorgeât, à l'heure de sa mort. L'histoire nous révèle que cet autre ordre cruel ne fut toutefois pas exécuté.
Faites le geste qui sauvera la Côte d'Ivoire : celui de prendre l'engagement solennel devant la Nation toute entière. Faites une déclaration en expliquant à l'ensemble de vos concitoyennes et de vos concitoyens, à ceux et celles qui vous ont accordé leur suffrage ou non, les nobles sentiments qui vous habitent : l'intérêt supérieur de la Nation Ivoirienne.
Vous éviterez ainsi à la Côte d'Ivoire l'embrasement général, le feu, le sang qui n'a que trop coulé, le chaos. Vous serez alors perçu comme le rassembleur, celui qui aura, enfin, permis à la Côte d'Ivoire de se réconcilier avec elle-même, avec tous ses enfants et avec Dieu. Agissez de la sorte, humblement et sincèrement, et la Côte d'Ivoire vous en sera reconnaissante. Alors, du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest, les Ivoiriennes et les Ivoiriens, sous le regard de Dieu, pourront se tendre la main, une main sincère de pardon et de réconciliation, et regarder toutes et tous dans la même direction pour engager ensemble, le seul vrai combat qui vaille, celui de l'unification, de la reconstruction, du développement et du progrès de la Côte d'Ivoire, dans la paix retrouvée et le pardon !
Que Dieu bénisse et protège la Côte d'Ivoire, et vous garde, M. Gbagbo !



ABBE James Aka WADJA
Prêtre "fidei donum",
En mission en Tunisie.